Parcours et suivi du patient sous thérapie anticancéreuse orale et immunothérapie

Le cancer est un enjeu de Santé Publique en France. On estime à près à  400 000 le nombre de nouveaux cas de cancers diagnostiqués en 2018 en France métropolitaine (214 000 hommes et 185 500 femmes). Les avancées thérapeutiques conjuguées aux actions de dépistage de masse ont permis de faire baisser la mortalité, faisant souvent du cancer une maladie chronique.

Certains axes du dernier « Plan Cancer » donnent à cette formation tout son sens:
« Action 2.22 : Mettre à disposition des professionnels de premier recours des outils de bonnes pratiques pour l’organisation des parcours de soins en ambulatoire.
« Action 3.1 : Définir les bonnes pratiques d’utilisation des chimiothérapies orales pour accompagner les professionnels en ville et à l’hôpital.
« Action 3.4 : Définir les conditions de sécurité et de qualité de délivrance et d’administration des anticancéreux à domicile.

Selon des projections réalisées par UNICANCER pour 2020, ​50% de thérapies anticancéreuses seront disponibles par voie orale​​. À l’heure du virage ambulatoire, les thérapies orales (hormonothérapie, chimiothérapie ou thérapie ciblée) sont des approches privilégiées lorsque le patient y est éligible. Elles lui permettent de rester au domicile et d’éviter des déplacements en structure pour recevoir son traitement. Néanmoins, les effets toxiques ou indésirables possibles sont les mêmes qu’avec une chimiothérapie par voie intraveineuse. De plus, l’association entre un traitement oral et un traitement par immunothérapie peut générer (et potentialiser) des effets indésirables très importants. Le patient nécessite une surveillance accrue, un examen clinique minutieux, et des conseils adaptés de la part des professionnels de santé de proximité, qui sauront l’accompagner, prévenir le médecin spécialiste, effectuer une déclaration de pharmacovigilance. Ce professionnel est généralement l’infirmier de proximité qui prend une place active dans l’accompagnement à domicile des patients en cours de traitements, pour favoriser leur observance et détecter les effets indésirables de façon précoce. Les répercussions de ces derniers peuvent être importantes sur la qualité de vie du patient et de ses proches, son pronostic (avec risque d’échappement thérapeutique) et les coûts pour la société (hospitalisations non programmées).

La prise en charge des patients traités pour un cancer nécessite de multiples compétences, tant sur le plan clinique que psychologique.
Pour cela, le soignant devra acquérir les savoirs inhérents aux traitements, savoir identifier les toxicités et leurs grades (basés sur la classification CTCAE), mener un interrogatoire exhaustif afin d’envisager une intervention pertinente.

Objectifs :
 

  • Comprendre la pathologie cancéreuse et les mécanismes d’action des traitements existants, dans le cadre des recommandations en vigueur.
  •  Être en mesure d’informer et d’accompagner le patient dans les étapes de son parcours de soin en cancérologie.
  • Connaître les effets secondaires des anticancéreux oraux afin de les dépister et de dispenser des conseils adaptés.
  • Connaître les effets secondaires des traitements par immunothérapie, ainsi que les effets secondaires produits par les associations de traitement, afin de les dépister et de dispenser des conseils adaptés.
  •  Rappeler les bases de l’examen clinique (pour les infirmiers)
  • Savoir évaluer le grade d’une toxicité et connaître les interventions appropriées
  • Connaître les règles encadrant les déclarations de pharmacovigilance
Méthode pédagogique

– Diaporamas
– Vidéos pratiques
– Questionnaires